En 1934, l’Italie remporte la Coupe du monde avec plusieurs joueurs nés à l’étranger, officiellement naturalisés selon des critères alors flous. Les débats sur la légitimité des « oriundi » divisent dirigeants et supporters depuis cette époque, sans jamais trouver d’arbitrage définitif.
Quatre étoiles ornent le maillot national, mais la sélection a manqué deux qualifications consécutives pour la Coupe du monde, en 2018 et 2022. Cette alternance entre triomphes majeurs et échecs cuisants fait figure d’exception parmi les grandes nations du football. Les trajectoires individuelles, de Meazza à Donnarumma, dessinent un héritage traversé par les paradoxes.
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De la naissance de la Nazionale aux heures de gloire : comment l’Italie s’est forgé une légende du football
Le 15 mai 1910, la Nazionale entre sur la pelouse milanaise pour son tout premier match. Maillot blanc, onze joueurs, et déjà cette volonté farouche de représenter une nation entière. Très vite, la squadra azzurra troque le blanc pour le bleu, clin d’œil à la maison royale de Savoie, et pose ainsi la première pierre d’une identité qui ne cessera de s’affirmer. Le football italien prend son élan grâce à une organisation fédérale solide, portée par la Figc, et une culture tactique qui se démarque dès ses débuts.
Des années trente aux années cinquante, l’Italie s’impose comme l’un des poids lourds du football mondial. Deux victoires consécutives en Coupe du monde (1934 et 1938) braquent les projecteurs sur Rome et Milan. Après la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction ne passe pas que par les chantiers ou les urnes : elle se joue aussi sur les terrains. Naples, l’Inter Milan, la Roma… Les clubs s’enflamment et collectionnent les victoires. Les footballeurs italiens se distinguent lors des Jeux olympiques, et dominent à plusieurs reprises le classement du continent.
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Au fil des décennies, plusieurs figures majeures incarnent la grandeur italienne. Voici quelques-unes de ces icônes qui ont marqué l’histoire :
- Franco Baresi, pilier inébranlable de Milan, redéfinit l’art de la défense.
- Paolo Maldini incarne la longévité, l’élégance et la rigueur.
- Alessandro Del Piero symbolise la créativité et la réussite devant le but.
Les clubs italiens font de la ligue des champions un terrain de conquête, mais c’est sous le maillot de la sélection que ces joueurs entrent dans la légende. Le triomphe de 2006, arraché aux tirs au but, rappelle au monde entier que l’Italie sait composer avec le doute et le génie, même quand tout semble vaciller.

Entre légendes, échecs récents et nouveaux visages : quels défis pour l’héritage du football italien aujourd’hui ?
Le héritage du football italien se conjugue à la fois au passé glorieux et à la fragilité des années récentes. L’absence remarquée de l’équipe nationale lors des Coupes du monde 2018 et 2022 a secoué les certitudes, comme un rappel que rien n’est jamais acquis, même pour une grande nation. Les tifosi ont vu s’estomper la magie d’antan, tandis que les discussions sur l’identité du jeu italien se sont enflammées, écartelées entre nostalgie et soif de renouveau.
Les profils qui émergent aujourd’hui, notamment parmi les oriundi, ces joueurs venus d’ailleurs, mais intégrés à la Nazionale, continuent de diviser. Pourtant, la Serie A, longtemps accusée de manquer d’intensité ou de spectacle, retrouve des couleurs grâce à Milan, l’Inter ou Napoli, capables de briller à nouveau en Europe. Les clubs, véritables laboratoires de formation, restent les gardiens de ce patrimoine si particulier. La Roma sous Mourinho, la renaissance de la Fiorentina, les ambitions retrouvées de Naples ou l’énergie retrouvée des clubs milanais dessinent de nouveaux horizons pour le football transalpin.
Le débat sur le style de jeu, entre défense rigoureuse et envie d’oser, reste vif. L’empreinte de Roberto Mancini, sacré champion d’Europe en 2021, continue de nourrir les rêves de la Nazionale. Dans les clubs, des anciens comme Gennaro Gattuso ou Thiago Motta apportent une vision résolument moderne. Entre héritage et adaptation, la sélection italienne avance sur une ligne de crête : assumer le poids de son histoire, tout en s’inventant un avenir à la hauteur de ses ambitions. La prochaine page sera-t-elle celle du retour au sommet ou d’un nouveau chapitre à réécrire ?

