Certains contrats incluent désormais des clauses de sortie anticipée valables uniquement durant les années pré-olympiques, bouleversant la traditionnelle stabilité du mercato. L’apparition d’agents spécialisés dans la négociation de transferts multi-équipes fragilise les accords de confidentialité, accélérant la diffusion des rumeurs bien avant les annonces officielles.
Les tractations pour la saison 2026 affichent déjà un nombre record de signatures conditionnelles, alors que plusieurs leaders envisagent des changements majeurs de structure. Les mouvements attendus révèlent de nouveaux équilibres, redistribuant les forces au sein du peloton professionnel.
Transferts majeurs et mouvements inattendus : la carte 2026 du peloton se redessine
Impossible d’ignorer la vague qui secoue le transfert cyclisme 2026 : de nouveaux visages, des alliances qui se forment à grande vitesse, et des ambitions clairement affichées. Remco Evenepoel, double champion olympique, quadruple champion du monde, tire sa révérence chez Soudal Quick-Step et prend la direction de Red Bull-BORA-hansgrohe. Le but ? Enfin lever les bras sur le Tour de France. Avec l’appui du mastodonte Red Bull, la formation allemande s’arme d’un leader absolu pour conquérir le sommet qui lui échappe depuis trop longtemps.
La saison 2026 laisse déjà entrevoir des alliances inattendues. Juan Ayuso débarque chez Lidl-Trek et s’engage pour une longue durée, jusqu’en 2030. L’Espagnol, qui s’est illustré sur la Vuelta, va devoir composer avec Mattias Skjelmose, autre prétendant au leadership. Chez INEOS Grenadiers, la stratégie se muscle : Oscar Onley, révélation du dernier Tour, rejoint les rangs avec un statut de transfert phare, épaulé par Kévin Vauquelin, Dorian Godon et Jack Haig. En parallèle, UAE Team Emirates garde Tadej Pogacar à la barre tout en intégrant Benoît Cosnefroy, référence sur les classiques, ajoutant une corde de plus à son arc.
Voici quelques mouvements marquants qui font déjà parler d’eux :
- Olav Kooij, connu pour sa pointe de vitesse, arrive chez Decathlon AG2R La Mondiale et vient renforcer les espoirs sur les arrivées massives.
- Biniam Girmay, maillot vert et triple lauréat d’étape sur le Tour 2024, s’engage avec NSN Cycling Team.
- Unibet Rose Rockets, de son côté, attire Victor Lafay et Dylan Groenewegen, donnant à l’équipe néerlandaise un tandem explosif pour les sprints.
La dynamique ne s’arrête pas là. Red Bull-BORA continue de s’étendre, profitant du recrutement d’Evenepoel pour élargir son influence. Chez Visma-Lease a Bike, Bruno Armirail débarque, triple champion de France du chrono, pour combler les départs majeurs. Movistar, quant à elle, mise sur la jeunesse et relance son projet autour de Cian Uijtdebroeks, lauréat du Tour de l’Avenir. Les équipes ajustent leurs effectifs, peaufinent leur stratégie, tandis que les signatures inattendues viennent pimenter ce marché déjà ultra-concurrentiel.
Gagnants, perdants et enjeux : quelles équipes et quels coureurs sortiront renforcés ou fragilisés ?
Les gagnants de cette vague de transferts s’imposent sans ambiguïté. Red Bull-BORA-hansgrohe frappe un grand coup en attirant Remco Evenepoel, triple vainqueur de Grand Tour, autour duquel tout un collectif va s’articuler en vue de la conquête du Tour de France. Portée par un sponsor de poids, la formation allemande s’affirme désormais comme l’une des références pour les années à venir. Lidl-Trek avance plus discrètement, mais le duo Ayuso-Skjelmose promet de faire parler de lui sur tous les terrains du World Tour. Avec, en renfort, Matteo Sobrero et Ricarda Bauernfeind, l’équipe élargit clairement son registre tactique.
D’autres équipes, en revanche, doivent composer avec des turbulences. Soudal Quick-Step doit tourner la page Evenepoel. L’arrivée de Jasper Stuyven et Dylan van Baarle, solides équipiers, ne suffit pas à combler la perte d’un leader de cette envergure. Chez Decathlon AG2R La Mondiale, le pari est pris sur Olav Kooij, mais la reconstruction s’impose après les départs de Victor Lafay, Dorian Godon et Bruno Armirail, partis relever d’autres défis.
Parmi les coureurs, certains voient leur position fragilisée. Geraint Thomas, Rui Costa, Elia Viviani et Omar Fraile tirent leur révérence, laissant le flambeau à une nouvelle génération. D’autres, à l’instar de Benoît Cosnefroy, tentent de se réinventer sur les classiques avec UAE Team Emirates, loin des projecteurs des Grands Tours et sans garantie de retrouver leur éclat passé.
La répartition des rôles devient un enjeu central. INEOS Grenadiers, avec Onley, Vauquelin et Haig, déploie une profondeur de banc rarement vue. Movistar parie sur la jeunesse, tandis qu’Unibet Rose Rockets façonne une armada pour les étapes de plaine. À la veille d’une saison charnière, le moindre virage, la moindre échappée pourront révéler qui, des équipes ou des coureurs, aura vraiment su tirer parti de ce mercato cycliste inédit et volontiers déstabilisant.


